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Les mers et les océans, des espaces sauvages
Vagues chatoyantes et vie au grand air sur une plage du Costa Rica. Photo : Jeff Johnson

Les mers et les océans, des espaces sauvages

«Autrefois, cinquante millions de bisons parcouraient les vertes et grasses prairies d’Amérique du Nord. Depuis, le fusil de l’homme blanc les a conduits au bord de l’extinction. Aujourd’hui, d’autres chasseurs sont à l’œuvre dans d’autres prairies, les gras pâturages bleus des mers et des océans, et déjà, les populations de gros poissons ont été réduites de 90 %, comme par exemple celle de ces véritables miracles vivants, les thons rouges à sang chaud, pouvant peser jusqu’à une demie tonne. Les événements auxquels nous assistons sur la terre ferme risquent malheureusement de se reproduire dans l’élément marin. Tous ceux qui se sentent concernés par la nature doivent apprendre à mieux connaître l’océan» – Carl Safina, « Comes a Turtle, Comes the World» («Un monde, une tortue») Catalogue Patagonia Hiver 2006

Sur la terre ferme, nous savions autrefois ce qu’était la nature sauvage. Imaginez cela : 50 millions de bisons ! Les pigeons voyageurs étaient si nombreux que leur vol pouvait parfois occulter le soleil. Un des premiers explorateurs espagnols à remonter la côte de Californie fit état d’une plage où des douzaines de grizzlis se nourrissaient de carcasses de baleines. Aujourd’hui, ils ont soit disparu, soit ils sont devenus extrêmement rares. Seuls quelques vestiges nous permettent d’imaginer ce qui fut, ces terres et ces animaux que nous avons détruits croyant que ces ressources seraient inépuisables. Nous avons pu les protéger grâce aux diverses lois sur les espèces menacées et celles visant à protéger les espaces naturels et à réglementer la chasse et la pêche – il était grand temps !

C’est désormais au tour des mers et des océans. Les habitants de l’État du Maine avaient l’habitude de pêcher le homard en le tirant à la gaffe en eau peu profonde près du rivage. Les morues étaient si nombreuses et si faciles à pêcher que les détenus se plaignaient de sa présence à table plusieurs fois par semaine. Il fut un temps où les saumons qui remontaient de l’océan étaient si abondants que certains racontaient avoir traversé certaines rivières à gué en leur marchant dessus. Les marlins, les espadons, les makos, les thons rouges, les oreilles de mer pullulaient.